Empreinte environnementale de l'inférence LLM — Revue de littérature consolidée

Version 4 — septembre 2026. Référence scientifique des constantes du calculateur LLM Impact. Cette version intègre les corrections issues d'une revue critique indépendante (voir §11, journal des révisions) : deux erreurs de calcul corrigées, passage de la médiane à la moyenne de flotte pour les usages agrégatifs, adoption de la donnée ADPe de Mistral pour les matériaux, et déclaration explicite du périmètre (texte uniquement). Chaque chiffre est rattaché à sa source et à un niveau de preuve (A–E, §2).

1. Question de recherche et périmètre

Question : quelles ressources (électricité, eau, matériaux, CO₂e, coût) consomme la génération d'une requête conversationnelle par un LLM de production en 2026 ?

Périmètre : inférence uniquement — avec bornes chiffrées. L'entraînement est un investissement ponctuel (GPT-4 : ~51 000–62 000 MWh selon les estimations publiées) ; l'inférence est un flux continu. Amorti par requête, l'entraînement n'est pas toujours « négligeable » : pour un modèle de la classe GPT-4 (~55 GWh) servant ~2,5 Mds de requêtes/jour pendant un an, l'amortissement vaut ~0,06 Wh/requête, soit ~10–20 % de l'impact d'inférence ; il serait plus élevé pour un modèle à faible trafic. Nous l'excluons par choix de périmètre — comme le font Google (mesure d'inférence) et Mistral (impacts « marginaux » d'inférence publiés séparément du total) — et non parce qu'il serait nul. À l'échelle macro, l'inférence domine désormais : l'AIE (rapport Energy and AI, avril 2025) chiffre les datacenters à 415 TWh en 2024, ~945 TWh projetés en 2030 (cas de base), les serveurs accélérés — majoritairement de l'inférence — représentant près de la moitié de la croissance nette.

Unité fonctionnelle. La requête textuelle d'un assistant grand public en 2026. L'étude OpenRouter sur 100 000 Mds de tokens (arXiv:2601.10088) mesure une réponse moyenne passée de ~150 à ~400 tokens entre début 2024 et fin 2025, et un contexte moyen passé de ~1,5k à >6k tokens. Les sources utilisées supposent chacune leur propre longueur (Epoch : 500 tokens de sortie ; Mistral : 400 ; Google et Oviedo et al. : distributions de production non publiées en tokens) — écart d'unité fonctionnelle inférieur à l'incertitude inter-méthodes, mais signalé.

Exclusions déclarées (affichées dans l'outil) : génération d'images et de vidéo (voir §3.7 — les ordres de grandeur sont tout autres), workflows agentiques multi-appels, réseau et terminal utilisateur, entraînement. Carbone : approche location-based (mix moyen du réseau), voir §5.

2. Hiérarchie des preuves

Les écarts entre études (0,24 Wh à 18 Wh pour « une requête ») s'expliquent presque entièrement par la méthode :

Niveau Méthode Exemples Fiabilité
A Mesure en production : compteurs réels sur la flotte, incluant hôte, capacité inactive, PUE Google, arXiv:2508.15734 La plus haute — un seul opérateur l'a publiée
B Modélisation bottom-up publiée et revue : débit de tokens × puissance nœud × overheads, batching réaliste Oviedo et al., Joule 2026 (arXiv:2509.20241) ; Epoch AI 2025 ; ACV Mistral × ADEME (revue par les cabinets Resilio et Hubblo — revue professionnelle, pas académique) Haute ; sensible aux hypothèses
C Benchmark sur matériel réel, modèles ouverts : GPU instrumentés (H100/B200) ML.ENERGY (arXiv:2505.06371 ; arXiv:2601.22076) ; AI Energy Score (v1 fév. 2025 : 166 modèles ; v2 déc. 2025 : +39 modèles, tâche raisonnement ajoutée) Haute pour les modèles ouverts ; batch=1 chez AI Energy Score ≠ production
D Estimation boîte noire via API : latence × puissance matérielle supposée, batching inconnu Jegham et al. (arXiv:2505.09598) ; Univ. Rhode Island (GPT-5) Faible en absolu (sur-estime) ; utile en relatif entre modèles
E Déclaration d'opérateur non auditée OpenAI/Altman : 0,34 Wh, 0,32 ml (juin 2025) Invérifiable ; sert de recoupement, jamais de valeur centrale

Règles appliquées : (1) une valeur centrale exige au moins une source A ou B ; (2) chaque chiffre est cité avec son périmètre (médiane vs moyenne, site vs Scopes 1+2 vs cycle de vie, location- vs market-based) ; (3) l'indice de confiance 1–5 affiché dans l'outil correspond à : 5 = A, 4 = B convergent, 3 = B unique ou C, 2 = D ou extrapolation, 1 = spéculatif.

3. Électricité

3.1 La requête médiane : convergence à ~0,3 Wh

Source Niveau Valeur Objet
Google (août 2025) A 0,24 Wh (médiane) Prompt texte Gemini Apps, mesuré en production, périmètre complet
Oviedo et al., Joule 2026 B 0,31 Wh (médiane), IQR 0,16–0,60 Modèles frontière > 200 Mds de paramètres sur nœuds H100
Epoch AI (fév. 2025) B ~0,3 Wh GPT-4o, 500 tokens de sortie (hors PUE)
OpenAI (juin 2025) E 0,34 Wh Recoupement uniquement (non audité)

L'étude Joule — évaluée par des pairs — conclut que les estimations publiques antérieures (dont le « 2,9 Wh/requête » issu de Luccioni, Jernite & Strubell, Power Hungry Processing, FAccT 2024, longtemps la référence) étaient surestimées de 4 à 20×. Médiane robuste 2026 : 0,3 Wh [0,15–0,6].

3.2 Médiane ≠ moyenne : le chiffre qui compte pour un agrégat

La distribution étant à queue lourde, la moyenne dépasse nettement la médiane — et c'est la moyenne qui est pertinente pour tout calcul agrégatif (presets jour/mois/ année de l'outil, compteur mondial). Deux quantifications indépendantes :

  • Oviedo et al. (Joule, niveau B) : servir 1 Md de requêtes/jour ≈ 0,7 GWh/jour, soit une moyenne de flotte ≈ 0,7 Wh/requête (2,3× la médiane de 0,31) ; si 10 % du trafic devient « long » (×15), la demande monte à 1,7 GWh/jour (moyenne 1,7 Wh), ramenable à 0,8 avec les optimisations qu'ils identifient.
  • OpenRouter, State of AI (arXiv:2601.10088, niveau B pour le trafic API) : la part des tokens routés vers des modèles de raisonnement est passée de quasi nulle début 2025 à plus de 50 % fin 2025. Trafic API/développeurs, non représentatif du grand public — mais c'est le seul jeu de données publié, et il indique le sens et la vitesse.

Retenu : moyenne 0,7 Wh/requête [0,3–1,7] (niveau B), médiane 0,3 Wh conservée pour décrire « une requête typique ».

3.3 Le cas GPT-5 et la controverse des 18 Wh

L'estimation de l'Université de Rhode Island (18,35 Wh en médiane, jusqu'à 40 Wh) est de niveau D : temps de réponse × puissance d'un nœud DGX complet, sans batching — un nœud sert des dizaines de requêtes simultanées. Analyse technique (Tom's Hardware) : une borne « pire cas », incompatible avec les mesures A/B. Non retenue comme valeur centrale ; elle rappelle qu'OpenAI ne publie rien de vérifiable et que le routage de GPT-5 vers des modes « réflexion » tire la moyenne réelle vers le haut.

3.4 Les modèles de raisonnement

Trois sources indépendantes convergent :

Source Niveau Constat
AI Energy Score v2 (déc. 2025) C Raisonnement : ×30 en moyenne, jusqu'à ×154 (DeepSeek-R1-Distill-70B : 0,05 → 7,6 Wh/req.) et ×697 (SmolLM3-3B) ; cause : 300–800× plus de tokens générés
Oviedo et al., Joule B Requête ×15 en longueur : 3,91 Wh (IQR 2,15–7,05), soit ×13
Jegham et al. D (relatif) o3 : 7–39 Wh ; DeepSeek-R1 : 24–34 Wh ; ~70× un modèle nano

3.5 Grille consolidée (par requête texte, périmètre datacenter complet)

Régime Wh/requête Niveau Notes
Modèles légers (mini/nano, distillés) 0,03–0,15 C (mesures AI Energy Score/ML.ENERGY sur open-weights ; le 0,103 Wh « GPT-4.1 nano » de Jegham et al. est de niveau D, cité en recoupement)
Requête médiane, modèle frontière 0,3 [0,15–0,6] A/B « Une requête typique »
Moyenne de flotte (usages agrégatifs) 0,7 [0,3–1,7] B Constante recommandée pour l'outil
Requête longue / contexte étendu 2–8 B
Raisonnement explicite 7–40+ C/D

3.6 Dynamique temporelle

Google documente -33× d'énergie et -44× de carbone par prompt médian en 12 mois (mai 2024 → mai 2025). Mais l'AI Energy Score v2 nuance : sur 14 modèles ouverts comparables, 8 consommaient autant ou plus fin 2025 qu'en février — l'efficacité par token progresse, la consommation par réponse remonte car les réponses s'allongent (raisonnement ; OpenRouter : sortie moyenne ×2,7 en deux ans). Effet rebond au niveau de la requête elle-même. Le prompt caching (lectures de cache facturées ~10 % du prix d'entrée, signal d'un coût énergétique de prefill fortement réduit) et le décodage spéculatif jouent en sens inverse ; aucune étude publique ne quantifie encore leur effet net sur l'énergie par requête.

3.7 Hors périmètre : multimodalité

Pour mémoire, car l'outil ne couvre que le texte — les ordres de grandeur sont incommensurables (ML.ENERGY, arXiv:2601.22076 : ×25 entre tâches LLM, vidéo > 100× l'image) : une image ≈ 0,3–3 Wh selon modèle et résolution ; un clip vidéo de 5 s : de ~25 Wh (480p) à plusieurs centaines de Wh (HD+), soit des milliers de requêtes texte. Toute extension future de l'outil à l'image/vidéo exigera des constantes dédiées.

4. Eau

Le point méthodologique central reste le périmètre :

Source Niveau Valeur Périmètre
Google (2025) A 0,26 ml/prompt médian Site seul (WUE datacenter)
OpenAI (2025) E 0,32 ml/requête Non précisé
Li, Yang, Islam & Ren (arXiv:2304.03271, CACM 2025) B 10–50 ml/req. (archi. GPT-3, 2023) ; EWIF : méthodologie de référence Site + production électrique (Scopes 1+2)
Mistral × ADEME (juil. 2025) B 45 ml/réponse de 400 tokens — impact marginal d'inférence (hors entraînement, hors terminal), amont matériel inclus Cycle de vie hors entraînement
Jegham et al. D < 2 ml (nano) à > 150 ml (R1, long) Scopes 1+2 modélisés

Dérivation de la constante (moyenne de flotte 0,7 Wh) : site ≈ 0,26 ml × (0,7/0,24) ≈ 0,8 ml ; production électrique ≈ 0,7 Wh × ~3,1 L/kWh (EWIF moyen US, Li et al.) ≈ 2,2 ml ; total ≈ 3 ml [1–6]. L'écart avec Mistral (45 ml/400 tokens) provient de l'amont matériel et d'hypothèses d'intensité hydrique bien plus hautes ; il n'est pas réconciliable sans leurs données détaillées — c'est la borne haute de l'ACV étendue.

Eau incarnée (angle mort quantifié) : la fabrication des puces consomme de l'eau ultrapure à grande échelle (TSMC : ~151 M m³ en 2025, recyclage annoncé > 90 % ; fab Arizona ~65 % de réutilisation). Aucune allocation par GPU publiée — exclue de la constante, signalée ici.

Scénario ml/requête Niveau
Site seul, requête médiane 0,25–0,5 A
Scopes 1+2, moyenne de flotte 3 [1–6] B (dérivée)
ACV étendue / raisonnement / zone aride 10–50+ B/D

5. Carbone

CO₂e = énergie × intensité du réseau + part incarnée (fabrication).

Choix d'approche — assumé : location-based (mix moyen du lieu). Le market-based (contrats d'achat d'énergie décarbonée : Google affiche ainsi 0,03 g/prompt) reflète la comptabilité de l'opérateur, pas la réalité physique du réseau au moment de la requête ; pour un outil de sensibilisation, le location-based est le choix le plus défendable, et il est ici explicite.

Intensités vérifiées (2024) — attention aux trois périmètres français :

Réseau gCO₂/kWh Périmètre Source
France 21,7 Production directe RTE 2024
France 30,2 ACV production (RTE) RTE 2024
France ~50 ACV consommation (imports inclus) ADEME Base Empreinte
États-Unis 384 Production directe Ember 2024
Monde 445 Production directe AIE 2024
Zones charbonnées 500–700 — AIE

Part incarnée (niveau A, partielle) : PCF NVIDIA — 1 312 kgCO₂e par baseboard HGX 8×H100 (~164 kg/GPU, HBM = 42 %). Ce PCF couvre le baseboard GPU seul (hors CPU, DRAM hôte, châssis, réseau, bâtiment) ; le supplément « +20 % » utilisé ci-dessous est donc un minorant plausible, d'autant que la durée de vie réelle des GPU sous forte charge fait débat (1–3 ans selon un architecte Google cité par Tom's Hardware ; Meta mesure ~9 %/an de pannes GPU+HBM sur ses flottes H100 — arXiv Llama 3), ce qui raccourcit l'amortissement.

Scénario (moyenne 0,7 Wh) gCO₂e/requête Détail
France (ACV production 30,2 g/kWh) 0,04–0,07 Opérationnel ≈ 0,021 g + incarné 0,02–0,05 g — la fabrication domine
Mix US (défaut de l'outil) 0,32 [0,15–0,7] 0,7 Wh × 384 g/kWh = 0,27 g, +20 % incarné
Raisonnement × mix charbon 3–25+ 7–40 Wh × 0,5–0,7 g/Wh

Recoupement : Mistral publie 1,14 gCO₂e/400 tokens en impact marginal étendu — au-dessus de notre 0,32 g (périmètre plus large, amont inclus), cohérent une fois les périmètres alignés.

6. Ressources abiotiques (matériaux)

Révision majeure : la v3 conservait une masse physique spéculative (~0,005 mg/req., sans source). Or la meilleure donnée disponible était déjà dans notre bibliographie : l'ACV Mistral publie 0,16 mg Sb eq par réponse de 400 tokens (ADPe, impact marginal d'inférence, amont matériel inclus — niveau B, revue par Resilio et Hubblo). C'est la seule valeur ADPe par requête publiée et revue à ce jour.

Recommandation : redéfinir la métrique de l'outil comme ADPe en mg d'équivalent antimoine (mg Sb eq) — indicateur ACV normalisé de l'épuisement des métaux — au lieu d'une « masse usée » physiquement ambiguë, et adopter 0,16 mg Sb eq/requête (confiance 3/5 : source unique, mais revue et méthodologiquement supérieure à toute alternative). La méthodologie ouverte EcoLogits/Boavizta (BoaviztAPI) permet un recoupement d'ordre de grandeur. Constat corroboré : la fabrication domine l'ADPe (~85 % du cycle de vie) ; la durée de vie GPU raccourcie (1–3 ans, cf. §5) aggrave l'amortissement. L'affirmation « ~3 g d'or par H100 » (v1) reste sans source primaire et est abandonnée.

7. Coût

Prix de vente ≠ coût de revient ≠ prix payé par l'utilisateur (une grande part du trafic grand public est gratuite/subventionnée). L'outil affiche un prix de vente API, seul observable public (grilles tarifaires : niveau A sur les bornes) :

Scénario $/requête (~400 tokens générés) Justification
Open-weights hébergés ~0,00002 ~0,06 $/M tokens
Classe mini ~0,0002 ≤ 0,60 $/M sortie (corrigé : la v3 étiquetait 0,00002 $ par erreur)
Moyenne pondérée retenue 0,0001 [0,00002–0,0005] Mix frontier/mini/open ; confiance 5/5 sur les bornes, 3/5 sur la pondération
Frontière, sortie seule ~0,004 GPT-5 : 10 $/M sortie
Raisonnement ×3–×10 Tokens cachés facturés

8. Constantes retenues par l'outil

Estimateur : moyenne de flotte (l'outil multiplie par des volumes — presets et compteur mondial — pour lesquels la médiane serait un minorant structurel).

Métrique Valeur par requête Intervalle Confiance Source pivot
Électricité 0,7 Wh 0,3–1,7 4/5 Oviedo et al., Joule (flotte : 0,7 GWh/Md req.)
Eau (site + production électrique) 3,0 ml 1–6 3/5 Dérivation §4 (Google + EWIF Li et al.)
CO₂e 0,32 g 0,15–0,7 4/5 0,7 Wh × 384 g/kWh (Ember) + 20 % incarné (PCF NVIDIA)
Matériaux (ADPe) 0,16 mg Sb eq ±1 ordre de grandeur 3/5 ACV Mistral × ADEME
Coût (prix de vente API) 0,0001 $ 0,00002–0,0005 5/5 bornes, 3/5 mix Grilles publiques

9. Protocole de veille

À re-vérifier tous les 6 mois : AI Energy Score Leaderboard (semestriel) ; ML.ENERGY ; rapports environnementaux Google (seule mesure de production) ; Epoch AI Gradient Updates ; OpenRouter State of AI (part du raisonnement, longueurs) ; RTE / Ember / AIE (intensités) ; grilles tarifaires. Cadres réglementaires à suivre — susceptibles de produire les premières données obligatoires : obligations de transparence du AI Act européen, AFNOR Spec 2314 (« IA frugale »), travaux ISO/IEC sur l'IA durable. Signal fort attendu : toute première publication auditée d'OpenAI ou d'Anthropic (rien à ce jour).

10. Bibliographie (classée par niveau de preuve)

Niveau A — mesures et données primaires

  1. Elsworth et al. (Google), Measuring the environmental impact of delivering AI at Google Scale, août 2025 — arXiv:2508.15734 · blog.
  2. NVIDIA, Product Carbon Footprint HGX H100 — analyses TechInsights, Introl.
  3. RTE, Bilan électrique 2024 — Émissions ; Ember, US Electricity 2025 ; AIE, Energy and AI (415 → 945 TWh) et Electricity 2025.

Niveau B — études revues / modélisations documentées

  1. Oviedo, Bianchini, Lavista Ferres et al., Energy use of AI inference, efficiency pathways, and test-time scaling, Joule, 2026 — arXiv:2509.20241.
  2. Li, Yang, Islam, Ren, Making AI Less "Thirsty" — arXiv:2304.03271 · CACM 2025.
  3. Mistral AI × ADEME, ACV de Mistral Large 2 (revue Resilio/Hubblo), juillet 2025 — mistral.ai : 1,14 gCO₂e, 45 ml, 0,16 mg Sb eq par réponse de 400 tokens (impacts marginaux d'inférence).
  4. Epoch AI, How much energy does ChatGPT use?, février 2025.
  5. OpenRouter, State of AI: An Empirical 100 Trillion Token Study — arXiv:2601.10088 : raisonnement > 50 % des tokens fin 2025 ; sortie moyenne 150 → 400 tokens.

Niveau C — benchmarks instrumentés

  1. Luccioni et al., AI Energy Score — v1, fév. 2025 (166 modèles) · v2, déc. 2025 (+39 modèles, raisonnement) · leaderboard.
  2. Chung, Chowdhury et al., The ML.ENERGY Benchmark — arXiv:2505.06371 (NeurIPS 2025) ; Where Do the Joules Go? — arXiv:2601.22076 (46 modèles, 1 858 configurations, H100/B200 ; vidéo > 100× image).
  3. EcoLogits / GenAI Impact (Data For Good), méthodologie et BoaviztAPI.

Niveau D–E — estimations boîte noire et déclarations

  1. Jegham et al., How Hungry is AI? — arXiv:2505.09598 (relatif inter-modèles).
  2. Univ. Rhode Island sur GPT-5 et sa critique — Tom's Hardware.
  3. S. Altman (OpenAI), 0,34 Wh / 0,32 ml — DCD. Anthropic : aucune donnée par requête publiée.

Contexte historique et connexe

  1. Luccioni, Jernite, Strubell, Power Hungry Processing: Watts Driving the Cost of AI Deployment?, FAccT 2024 — origine du « ~3 Wh/requête » que les mesures 2025–2026 ont révisé à la baisse.
  2. Durée de vie GPU : Tom's Hardware (1–3 ans, architecte Google) ; taux de panne flottes H100 de Meta (papier Llama 3, ~9 %/an GPU+HBM).
  3. Eau incarnée des semi-conducteurs : Robeco (TSMC ~151 M m³, 2025) ; WEF.
  4. Vidéo générative : Lights, Camera, Carbon — arXiv:2607.04553.

11. Journal des révisions

v4 (sept. 2026) — suite à revue critique indépendante :

  • Corrigé (erreurs avérées) : arithmétique CO₂ (0,34 × 384 × 1,2 ≈ 0,16 g, pas 0,18 — la constante est de toute façon re-dérivée) ; AIE 415 → 945 TWh (et non « 485 → 950 ») ; coût classe mini (0,0002 $, pas 0,00002) ; attribution « 166 modèles » à la v1 de l'AI Energy Score ; « GPT-4.1 nano 0,103 Wh » reclassé niveau D ; Mistral requalifié « impacts marginaux d'inférence, revue professionnelle » (et non « ACV complète évaluée par des pairs ») ; trois périmètres d'intensité carbone français distingués.
  • Changé (méthode) : constantes agrégatives basées sur la moyenne de flotte (0,7 Wh, Joule) et non plus sur une médiane majorée d'une « marge » non calculée qui reproduisait le chiffre non audité d'OpenAI ; intervalles fournis pour chaque constante ; définition opérationnelle de l'indice de confiance 1–5 ; amortissement d'entraînement borné par un calcul explicite (~10–20 %) au lieu d'un « < 5 % » non sourcé.
  • Ajouté (angles morts) : part du raisonnement dans le trafic réel (OpenRouter > 50 % des tokens) ; multimodalité hors périmètre avec ordres de grandeur ; prompt caching ; eau incarnée (TSMC) ; durée de vie GPU 1–3 ans et taux de panne Meta ; Luccioni FAccT 2024 ; cadres AI Act / AFNOR Spec 2314 ; exclusions déclarées (agents, réseau, terminal).
  • Adopté : ADPe Mistral 0,16 mg Sb eq/requête en remplacement de la masse physique spéculative (0,005 mg) que la v3 conservait alors que sa propre bibliographie contenait mieux.
  • Non retenu de la revue : rien de substantiel ; seule nuance, l'amortissement d'entraînement « > 50 % » évoqué par le reviewer correspond à un scénario de re-entraînement annuel à trafic modéré — notre calcul §1 borne le cas des modèles à fort trafic à ~10–20 %.

v3 (sept. 2026) : restructuration en revue de littérature, hiérarchie A–E, modèles 2026. v2 : première consolidation avec sources. v1 : rapport ACV initial, conservé pour archive.

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